Chrysalide

Dans une faible luminosité, une forme tient.
Son ombre est imprécise, grossière.
Dix extrémités s’articulent.
Dix articulations extrêmes.
Un tel degré de souplesse
Lui rend le mouvement difficile.
Une forme assise, c’est particulier.
Elle est encore incarnée, chaude.
Elle parvient même à se gratter.
Un trou béant d’où l’air entre et sort
Maintient son minimum gono-morphique en place.
Deux articulations coudées se joignent par le milieu.
La colonne reliant l’esprit, s’avachit de plus en plus.
Elle se redresse.
C’est une forme consciente. Encore.
Si vous voyiez son envergure et son angle de posture
Vous seriez en proie à l’inquiétude.
C’est ce que cette conscience formée en pense.

Dans la tristesse, elle s’effondre sur le sol que nous foulons.
Elle pleure intérieurement.
Et vous qui lisez ça, que ressentez-vous si ce n’est pitié.

Moi c’est ce que je sens et je suis à mon tour triste.

De l’espoir, de l’espoir, de l’espoir.

Cette conscience active, en se répétant sans cesse
Que l’espoir appartient à celles et ceux qui le décident
Parviens à déployer son envergure et redresser son angle aigu.

Une forme qui inspire et reprend peu à peu sa matière.
Une forme qui expire et reprend peu à peu ses couleurs.

Oh ! ça y est. Ses extrémités, éclaircies de volontés,
Présentent un circuit interne où circule la vigueur sanguine.
Des genoux. Oui ce sont des genoux.
Deux coudées qui se séparent et un dos droit.
Elle s’est étirée. Elle a des cheveux ! Ils sont longs, bruns et soyeux.
Le port de tête princier qui se tient prêt à longévivre.

Je suis ému et comment l’être sans le vivre.

Par des mots incarnées, procuration.

J’étais corps pensant, heureux.
Par mégarde accumulée, devenu forme articulé.
Régénéré, changeant posture,
Je crois à nouveau en l’avenir.

L’espoir, ça se décide !

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