On dit de moi
Quand j’discrimine,
Que j’suis raciste, grossophobe, homophobe, xénophobe ;
Que j’incite à la haine, à la violence, au ressentiment.
Qu’il faudrait m’empêcher de nuire.
Que sans les gens de mon espèce le monde serait plus pacifique.
Mais moi,
Lorsque j’abaisse la beauté de la vie à un trait caractéristique
Lorsque la surface, la forme
Prennent plus d’espace que l’intérieur et le fond.
Lorsque mes dires qui vous révulse, deviennent le trophée des prédateurs de mon espèce,
Personne ne saurait voir que ma peur est dans l’existence elle-même ?
Le vieillissement, la maladie, la nouveauté. Des états de stress que je veux pouvoir contrôler. Qui les comprend ? Sans cesse face à la peur de mourir et a la difficulté de vivre dans des sociétés salie. Rapines, chantages, injures, meurtres, harcèlement, spoliation, conflits d’intérêts économiques et l’impunité devant la justice. Les malhonnêtes qui discourent à leur perte. Que je cite. Que je cite. Non je ne suis pas mieux, mais exulter ainsi est ma seule option de vie.
Discriminé.e.s : Nous nous le comprenons. Notre statut d’humanité est descendu en catégorie opprimé.e.s. Rien de plus. Comme toi nous vieillissons, nous tombons malade et même notre décès nous ne pourrons l’empêcher.
– Pourquoi venir me parler, alors que je suis un des responsables de votre douleur ?
– La douleur finit par disparaître et la compassion commence à naître.
– La première est mienne depuis longtemps.
– Alors récite les sept caractères de la vie.
Et il récita.
Ainsi se clôt ce psoème.